En réponse à Laurent COLINDRE

Section où le professeur Henri Cagniant lance les sujets de discussions de son choix.
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Henri Cagniant
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Enregistré le : mar. 13 mai 2008 10:44

En réponse à Laurent COLINDRE

Message par Henri Cagniant »

Bonjour Professeur,
Un collègue entomologiste à découvert dans un Ananas originaire du Cameroun 7 ouvrières (il habite dans les Hauts-de-France). Il est possible que ce Lepisiota (= Acantholepis) soit L. capensis laevis. Pourriez-vous me dire pourquoi on parle ici d’infraspécificité et non de sous-espèce ?
Les critères ne sont pas assez discriminants pour le justifier, c’est bien cela ?


Bonjour,
La notion de sous-espèce a été très controversée, en particulier par Wilson et Collingwood. Pour ma part, je m’en tiens à la position d’E. Mayr qui considère qu’une espèce est formée de populations, chacune habitant et évoluant dans une zone géographique déterminée dont elle subit les conditions ; ces populations peuvent présenter de menues différences de coloration, sculpture, biométriques, sans hiatus net entre populations voisines. Autrement dit: ssp. = “race géographique” (l’espèce humaine n’échappe d’ailleurs pas à la règle).
Les anciens auteurs comme Forel et Santschi ont abusé de la notion de “variété”, catégorie qui n’est d’ailleurs plus admise aujourd’hui; ils créaient un nom nouveau à la moindre différence, se basant généralement sur des échantillons restreints, reçus de correspondants lointains. D’après le Code de nomenclature, seul le terme infra spécifique admis en nomenclature animale est la “sous-espèce” (en botanique les variétés sont des créations humaines).
Lepisiota capensis “au sens large”est connue de nombreuses régions d’Afrique ; elle a donné lieu à la création d’un quinzaine de noms de variétés. La forme nominale est d'Afrique du sud : L. capensis capensis (Mayr, 1862). L’échantillon de votre collègue vient du Cameroun, autrement dit de l’Afrique guinéenne. Comme il n’y a pas de nom préexistant pour cette région, on peut en parler simplement comme "L. capensis du Cameroun”. A première vue, il ne semble pas justifié de la rattacher à la population de Sénégal : L. capensis laevis (Santschi, 1913).
La population connue la plus proche est celle du Zaire : L. capensis anceps (Forel, 1916); il faudrait comparer avec cette dernière.
Bien à vous
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